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Santé mentale, itinérance et dépendances : 5 leviers d’action

Mardi 21 juillet 2026

Intitulé Des transformations structurelles qui appellent une évolution des réponses collectives, ce mémoire s’appuie sur les observations du milieu communautaire et met en lumière la nécessité d’adopter des réponses plus intégrées, préventives et enracinées dans les communautés.

Les problématiques sont désormais plus imbriquées (santé mentale, dépendance, logement, pauvreté), les parcours sont plus instables et fragmentés et les interventions nécessitent plus de temps, de coordination et d’expertise.

Les besoins augmentent et les situations se complexifient

Sur notre territoire, les organismes observent une hausse de la détresse psychologique et des besoins d’accompagnement, particulièrement chez les jeunes, les femmes, les personnes à faible revenu et celles vivant différentes formes de marginalisation.

Ce contexte se traduit par :

  • davantage de personnes en situation d’itinérance;

  • des parcours de vie plus complexes;

  • un phénomène qui s’étend désormais à l’extérieur des grands centres, notamment dans les pôles régionaux.

Les situations vécues ne peuvent plus être compartimentées : santé mentale, dépendances, pauvreté, précarité résidentielle et isolement social s'influencent mutuellement et exigent des réponses globales.

Chez les jeunes, cette imbrication se traduit notamment par des liens étroits entre consommation, anxiété, décrochage, ruptures relationnelles et instabilité résidentielle.

L’itinérance et l'exclusion ne concernent plus uniquement les groupes traditionnellement associés à ces enjeux. Les organismes voient davantage de jeunes, de femmes, de personnes immigrantes, d’aîné·e·s, de travailleurs et travailleuses à faible revenu et de personnes vivant différentes formes de discrimination ou de handicap.

Cette évolution s'explique notamment par la crise du logement, la hausse du coût de la vie et l'affaiblissement des réseaux de soutien.

 

Le communautaire en première ligne

À mesure que les situations se complexifient, la pression sur les organismes communautaires s'intensifie.

Ils doivent composer avec :

  • une hausse constante des demandes;

  • des listes d’attente persistantes;

  • une surcharge des équipes;

  • des défis de recrutement et de rétention;

  • un élargissement de leur action pour combler certaines lacunes du système.

 

Nos recommandations

Pour faire face à ces transformations, Centraide propose cinq pistes d’action.

1- Renforcer la gouvernance intégrée

Mieux coordonner les actions entre les réseaux afin d’assurer des parcours plus cohérents, continus et adaptés au vécu des personnes. La consolidation d’une gouvernance intersectorielle fondée sur des responsabilités partagées, une meilleure continuité des services et une participation active des personnes concernées constitue un levier essentiel pour améliorer l’efficacité, la pertinence et la durabilité des réponses aux enjeux de santé mentale, d’itinérance et de dépendances.

2- Investir durablement dans l’action communautaire autonome

Accroître le financement récurrent et prévisible des organismes communautaires pour soutenir leur rôle en prévention, accompagnement et stabilisation. Les organismes occupent une place essentielle dans le continuum de services et constituent souvent le premier point de contact pour les personnes en situation de vulnérabilité. Un financement adéquat leur permet de maintenir leur expertise, d’assurer la stabilité de leurs équipes et de répondre à l’augmentation des besoins.

3- Soutenir les pratiques de proximité

Appuyer les approches qui vont directement vers les personnes, comme le travail de rue, la réduction des méfaits et le soutien en logement et d’autres interventions de proximité. Ces pratiques favorisent la création de liens de confiance et permettent d’offrir un accompagnement continu, flexible et adapté au vécu des personnes ainsi qu’aux particularités des différents territoires.

4- Agir sur les déterminants sociaux

Agir sur les causes qui fragilisent les parcours, notamment la pauvreté, l’instabilité résidentielle et l’insécurité alimentaire. Ces facteurs jouent un rôle majeur dans l’apparition et l’aggravation des problèmes de santé mentale, des dépendances et des situations d’itinérance. Ils doivent être considérés comme des leviers centraux de l’action publique afin de prévenir les situations de vulnérabilité avant qu’elles ne s’aggravent.

5- Valoriser l’expertise terrain

Reconnaître l’expertise des organismes communautaires et leur donner une place réelle dans l’élaboration de réponses intégrées et durables. Leur connaissance des conditions vécues par les populations constitue un atout précieux pour adapter les interventions aux besoins du milieu. Cette recommandation implique également de renforcer la collaboration entre les instances publiques et le secteur communautaire afin de construire des solutions plus pertinentes et mieux enracinées dans les communautés.

Ces constats rappellent l’importance de faire évoluer nos réponses collectives au même rythme que les besoins observés sur le terrain. En misant sur des approches intégrées, préventives et enracinées dans les communautés, il devient possible de mieux soutenir les personnes, tout en donnant aux organismes communautaires les moyens d’agir là où les besoins se font le plus sentir.

Pour mieux comprendre les transformations observées sur le terrain et les réponses collectives à mettre en place, consultez le mémoire complet de Centraide Québec, Chaudière-Appalaches et Bas-Saint-Laurent.